B U
L L E
T I N
D E L I
A I S
O N
F R O N T C O M M U N SDF
SOMMAIRE
Septembre 2005 n°97
v W-E SDF Flamands et Francophones à Leuven
v Médiateur fédéral de CPAS
v Informations dans les CPAS
v Liège, rue du lombard, ça presse
v Destruction du 111 à Louvain-la-Neuve
v Conférence interministérielle et intercitoyenne ( ?) sur le logement
v Toudis l’êm el Denis
v PROCHAINE REUNION : VENDREDI 14 octobre 10h30 Bruxelles
Néerlandophones et
Francophones unis dans le même combat pour le logement
Ce week-end du 10/11 septembre, une
quarantaine de personnes en situation de pauvreté, se sont réunis pour un
colloque. Cela s’est passé sur un site
de logements alternatifs à l’entrée
de Leuven : le Berenklauw. Lieu prestigieux en pleine nature à 10 minutes du
centre de Leuven, occupé depuis une trentaine d’années .
Nous n’étions qu’une petite dizaine de Francophones (Charleroi, La Louvière et Bruxelles), mais cette rencontre était significative pour renforcer les liens entre SDF et autres personnes en difficulté des deux principales régions linguistiques de Belgique.
Le thème principal était la non-reconnaissance des
petites organisations flamandes par la grande coupole flamande Vlaamse Netwerk Tegen
Armoede (réseau flamand contre la pauvreté).
A l’encontre des deux autres Régions, la Région flamande ne reconnaît comme partenaire, que les organisations qui répondent aux critères établis par le Vlaamse Netwerk. Pour faire partie de ce réseau flamand, il faut chanter la même chanson que les grandes organisations de lutte contre la pauvreté. Conclusions : les petites organisations proches du terrain et même trop proches ne sont pas reconnues, surtout si elles présentent des revendications assez dures. Et en fin de course, aucun subside gouvernemental !
Ceci entrave l’action des petites organisations
qui sont privées du nerf de la guerre. De plus, ce réseau n’est pas
nécessairement progressiste. Ainsi, à propos du contrôle de porte à porte à Anvers et l’interdiction
de séjour dans des rues, il n’a
jamais pris partie et ne le veut pas. En effet, bien des membres de ces
organisations ne sont pas opposés à ces
contrôles et ces expulsions !
Nous craignons qu’une telle « coupole » nous
tombe dessus également en Wallonie et à Bruxelles, avec le fameux pacte associatif que les gouvernements
régionaux veulent signer avec les associations.
Les grandes
lignes qui ressortent de ce colloque sont :
- renforcement de l’alliance entre les
petites organisations flamandes sous le titre de Syndicat du Quart Monde.
Nous, Francophones, nous gardons contact avec eux et le Front des SDF qui est
bilingue en fait partie. L’édition flamande du bulletin de liaison servira de
moyen de contact
- demande officielle sera introduite
auprès du Réseau Flamand pour adoucir et faciliter l’entrée des petites
organisations
- si cette méthode douce n’obtient pas
de résultats, nous emploierons une méthode plus musclée qui a été évoquée lors
du colloque
- une action a été proposée pour le 17 octobre, journée mondiale de lutte
contre la pauvreté. Rien n’a encore été décidé, mais il y aura des actions de
différents genres en plusieurs villes de Flandre principalement
- .
Le ministre a décidé de créer un bureau
de médiation entre les gens et le CPAS. Voici certains détails donnés par le
ministre : un seul bureau à Bruxelles, bilingue, neutre, composé de
juristes, accessible par un n° gratuit, par fax ou lettre, son
travail serai celui d’un ombudsman… Le ministre demande nos suggestions.
Deux réunions sont prévues début octobre pour finaliser les suggestions des
associations. Après notre première réunion avec le CEDUC, nous continuons à
préciser nos demandes :
-
Nous
demandons que les usagers et les associations puissent le faire au niveau
individuel ou collectif
-
L’idéal
c’est que les CPAS appliquent tous les lois et que ces dernières soient bien
connues de tous ! Le besoin de médiation démontre l’entêtement de certains
CPAS et le manque d’informations correctes diffusées à tous.
-
Que
cela ne retarde pas le recours au tribunal
-
Qu’il
y ait une trace écrite du travail de médiation, ce qui est très utile en cas
d’échec et surtout en vue d’assurer le suivi de la demande
-
Que
chaque partie connaisse la position et les arguments de l’autre partie
-
Délai
de 10 jours ouvrables pour avoir un premier entretien
-
Le
recours aux services de la médiation doit être suspensif (le CPAS ne peut
appliquer la restriction qu’il voulait avant la fin de la médiation)
-
Une
évaluation annuelle doit être faite, ce qui permettra de relever les problèmes
qui reviennent souvent ainsi que les CPAS champions de l’illégalité.
Nos propositions finales seront rassemblées et coordonnées avec l’apport les autres associations flamandes, bruxelloises et wallonnes.
Le CEDUC relève un problème récurrent sur
Bruxelles : les gens ne connaissent
pas bien leurs droits et le guide des sdf n’est pas connu. Il y en a dans les
CPAS, mais…. bien à l’abri des regards. Décision :
-
le Front interpelle le Ministre
Dupont qui a publié
le guide. Il s’est préoccupé de l’envoi dans les CPS, mais pas de leur
distribution au public. Nous lui demandons d’inviter les CPAS à les mettre
dans le présentoir public. Cela fait partie de la méthode de dialogue qu’il
prône souvent.
-
Il faut continuer l’action
d’information
devant les CPAS. Nous reprenons notre campagne : Woluwé
St Lambert, Schaarbeeck, Anderlecht. Nous voulons commencer fin octobre.
Normalement Anvers doit nous inviter et préparer le matériel en néerlandais.
-
Le 15 octobre, l’accord à l’amiable
se termine et les gens doivent quitter le lieu. Deux pistes sont suivies :
1. la promesse de la ville de leur
trouver un logement décent. Comme on est certain qu’il n’y aura que le
stade du Parc Astrid, ils multiplient les actions médiatiques pour
mobiliser la population. L’arrivée
d’Alain Siénart et Sylvie sur le terrain est très bénéfique. Deux ans de
campagne à Bruxelles ont appris des choses !
Régulièrement, des habitants du squat récoltent des signatures sur la Place St Lambert. Et comme leur habitat n’est pas loin, ils invitent les gens à prendre une tasse de café chez eux pour mieux expliquer leur situation. Opération payante, car près de 1.000 signatures ont été enregistrées. Le Front est chargé de leur envoyer un mot de soutient, mais aussi de rappeler au Bourgmestre, l’engagement qu’il a pris à travers son CPAS. Nous décidons de programmer une rencontre avec le Bourgmestre.
1. D’un autre côté, la résistance doit s’organiser pour qu’aucune expulsion sans logement ne se réalise.
2. Nous comprenons que dans cette nouvelle phase de l’action, des organisations comme UTOPIA ou MONTKI ne sont ni spécialisées, ni totalement motivées à cause du comportement de bien des habitants du squat. Ils se retrouvent mieux dans des actions du genre d’Artibano à La Louvière. Nous respectons leur choix. Cela veut dire qu’à partir du 15 octobre, leur responsabilité juridique se termine, et le groupe se prend en charge, accompagné par les bonnes volontés.
PS : Au début de l’année, le CPAS avait proposé de réfléchir avec nous sur le problème de l’abri de nuit. Le secrétaire doit rappeler cette promesse.
Nous avons rendu visite aux
sinistrés du squat. Il a été détruit sur ordre des autorités de l’Université de
Louvain-la-Neuve, protégés par des robocobs. Le
terrain est nivelé, seules restent des caravanes en bon et mauvais état. Nous
avons rencontré quelques habitants qui nous ont expliqué qu’effectivement ils
avaient été prévenus quelques mois auparavant, mais avec un délai qui expirait
en octobre. L’université a anticipé la destruction d’une manière brutale
probablement pour éviter que les gars ne mobilisent leurs copains. Nous avons
décidé d’agir et d’écrire à l’Université ainsi qu’à la commune pour manifester
notre étonnement sur la manière musclée avec laquelle cela a été fait. Surtout
nous demandons de rétablir le dialogue avec les habitants afin de trouver un
autre lieu comme ils l’avaient promis. De plus, nous demandons que l’évacuation
des caravanes se fasse dans la dignité et en prévenant de la date de
l’opération.
A cette occasion, notre ami Alain, du Ceduc, a été tout heureux et
ému de retrouver là un vieux copain de jeunesse : le facteur. Retrouvailles
trop courtes, mais intéressante pour les deux. En effet, Alain a passé une
partie de sa jeunesse dans le coin en fréquentant ceux qu’il appelle les voyageurs.
CONFERENCE INTERMINISTRERIELLE SUR LE LOGEMENT
CONFERENCE INTER CITOYENS SUR LE LOGEMENT
Enfin, les ministres responsables des différents secteurs concernés par le logement se sont mis ensemble pour essayer de débloquer le problème du logement. Ils ont décidé de créer 10 groupes de travail : lutte contre la discrimination dans le logement, lutte contre l’habitat indigne, garantir un meilleur accès pour tous, projets pilotes en matière locative etc…
Fidèles à notre
politique dialogue, certaines associations ont créé exactement les mêmes
groupes de travail. Ils interpelleront les groupes de travail des ministres
avec un objectif double :
- les harceler afin qu’ils fassent leur devoir, car apparemment, les groupes de travail du gouvernement n’ont pas tous commencé !
- entrer en dialogue avec eux, ne pas les laisser tous seuls à décider
NB : Ceci est une initiative du Front Commun pour l’Habitat qui réunit des associations flamandes et francophones : Arau, FGTB, Ligue des Familles, RBDH, Syndicat des Locataires, Solidarités Nouvelles, Front SDF, HEB, CSC/MOC, ASPH etc…

Du fond de la France, un mot de Denis
Bonjour à vous tous de la part de José Bové et Joêl Mamert La lutte contre les OGM et surtout contre une justice qui condamne les gens qui fauchent les champs OGM est injuste. Ce n'est pas les faucheurs qui devraient se retrouver sur le banc des tribunaux, mais bien les responsables et les politiques qui acceptent le risque de contaminer les aliments, la terre, les plantes et la vie animale et humaine.
J’ai entendu plusieurs exemples de cette injustice. Ainsi les étudiants qui l'année dernière avaient manifesté, se trouvent condamnés à payer des amendes de 400 euro à plus. Aujourd’hui les faucheurs sont jugés mais pas les multinationales qui ne voient que le business. Cela gronde chez les militants du Larzac.
Pour le train, celui qui monte pour la 10° fois sans payer, va d'office en prison… Et la liste des injustices peut continuer. Je pense à notre travail dans le social : parfois il n'a plus de social que la stratégie pour faire rentrer l'argent qui garantit nos salaires…je continue à croire que plus que jamais, le changement doit se faire à notre niveau et je crie vive la désobéissance civile ou civique.
Que cela ne vous empêche pas de vivre. Et vive la liberté d'expression ce qui me semble de plus en plus bloqué dans notre belle ville de Charleroi...Amen
Je signe et j'assume...Denis
