B U L
L
E T I
N D E L
I A I
S O N
F R O N T
C O M M U N SDF
v Liège : de la rue à la rue lombard,
puis au Parc Astrid, puis à la rue ou expulsés ! !
v Stavelot : rage + tristesse + colère
= grtève de la soif d’Alain Siénart.
v Plate-forme flamande et Front Commun SDF
v Bureau fédéral de médiation des CPAS à ne
pas confondre avec les médiateurs de terrain comme Jocelyne et Dédé à
Bruxelles.
v Zone Okupée à Louvain-la-neuve (ex 111)
v Entraide humanitaire à Charleroi :
nouveauté au 50 rue de lm’Athenée.
v Denis-de-Charelroi en Arriège :
homme des bois mais projet de société.
à Parc Astrid à Expulsion, centre fermé ou la rue
Fin septembre, dans le calme et
rejoint par Alain Siénart (Château
de la Solitude), nous avions négocié le départ du squat de la rue du Lombard
vers un bâtiment de la Ville : Parc
Astrid. Promesse était faite que le Bourgmestre pourrait reloger 7 familles
en attente de régularisation pour motif
humanitaire. Malheureusement, la détermination aveugle de l’Office des
Etrangers, l’impuissance d’un Bourgmestre obligé de rester dans la légalité et l’hypocrisie du représentant du
Bourgmestre ont conduit à un désastre.
A 10h du matin, deux émissaires de l’Office des Etrangers débarquaient. Jusqu’à 17h30, ils ont baratiné les Sans Papiers, Alain, Phil, Patrick, Vincent et tout le monde en affirmant la bouche en c.. de p.. : ne vous en faites pas, il n’y aura aucune rafle, tous pourront rester ici. Pendant ce temps, la police encerclait le bâtiment avant d’entrer en force à 17h30. 7 personnes menottées quittaient les lieux sous les yeux incrédules de tous. Les autres ont du leur salut dans la fuite.
Victimes : une nouvelle réglementation est entrée en vigueur depuis le mois d’août et a déjà provoqué des arrestations musclées à l’intérieur même de lieux d’hébergement pour Sans Papiers ! En effet, les personnes en attente de régularisation mais qui ont presque épuisé les recours doivent désormais attendre la réponse dans un centre fermé !!!
Grève de la faim et
de la soif. En attendant, notre ami Alain et ses copains ont été tellement
traumatisés par cette rafle cynique qu’Alain a entamé une grève de faim et
de la soif : il exige la libération des 7 personnes. Nous avons tout
fait et fait intervenir tous les amis connus pour le dissuader de continuer la
grève de la soif, mais en vain.
Bonne nouvelle : ce lundi à
04h du matin, Sylvie, sa femme, a fait appeler l’ambulance. Au moment
de mettre sous presse, il était toujours en urgence. Mais son message est
clair : la lutte continue, car il y
a les Ghanéens au 127bis, ceux qui sont dans la nature, et l’existence même ces
centres fermés !
Plate-forme flamande des plus précarisés
Après le week-end à Leuven, nos amis flamands continuent leur travail de
fourmis : tisser une toile suffisamment solide. En effet depuis la parution
de Décret flamand de lutte contre la Pauvreté », toutes les associations
doivent obligatoirement se rassembler sous une coupole. Grâce à cette sorte d’entonnoir, la parole des pauvres
devrait remonter jusqu’au politique, et les aides financières leur parvenir
afin qu’ils puissent se structurer.
C’est ainsi qu’au fur et à mesure des années, la coupole Réseau Flamand de Lutte contre la Pauvreté s’est tellement bien structurée que nombre de petites associations très proches du terrain en sont exclues. Grâce à de nombreuses rencontres, plusieurs de ces organisations continuent à fortifier leur plate-forme avec des positions communes :
- ils acceptent de dire que le décret
flamand n’est pas mauvais, mais qu’il doit être non seulement bien
appliqué, mais également amélioré
- la plate-forme ne veut pas agir
contre le Réseau, mais dialoguer ; en sachant que dialogue n’exclut absolument pas la détermination et la fermeté.
- Le réseau doit revoir sa manière de
répartir les subsides, puisque jusqu’à présent, ce sont les grosses
associations qui décident seules.
- Première avancée : le budget
flamand vient d’être augmenté, ce qui permet déjà d’aider des associations
nouvelles
Pourquoi les Flamands viennent-ils au front Commun ?
Parce que depuis près de 15 ans, le
Front Commun SDF est la seule organisation bilingue préoccupe spécialement par
les SDF, et qui a une certaine reconnaissance au niveau fédéral. Les petites
associations flamandes ne craignent qu’il y ait concurrence entre elles et
peuvent se retrouver en terrain neutre.
C’est aussi très intéressant pour
nous, car nous savons que la Région wallonne et Bruxelloise sont en route pour
créer des coupoles semblables en Wallonie et en Région bruxelloise. L’objectif
déclaré est de consolider les mouvements et la parole des pauvres, mais les
effets pervers de ces décisions sont évidemment de contrôler la parole
des plus pauvres et de la museler en la noyant dans la masse des pauvres.
Médiateur des CPAS décision du ministre
:
Des associations ont constitué une
plate-forme pour donner leur avis au sujet de la création éventuelle d’un médiateur de CPAS, ou plutôt d’un ombudsman
(c’est ce que nous voulons) des CPAS
au niveau fédéral. Les demandes des associations sont claires et
unanimes : que le recours à ce service ne soit pas un obstacle pour aller
au tribunal, qu’il soit parfaitement neutre, accessible à tous etc…. Ils
l’appellent un ombudsman (ou médiateur), mais en réalité, c’est un bureau
fédéral
Attention : ce service fédéral de médiateur ou ombudsman des CPAS
n’a rien à voir avec les médiateurs de
terrain qui sont engagés dans des Services Fédéraux.
Ainsi, à Bruxelles, Jocelyne et Dédé sont engagés dans l’administration
publique. PS : Bravo à Jocelyne, Dédé et aux autres pour leur engagement.
Tous nos souhaits pour qu’ils puissent garder leur verve et ne pas se
faire éteindre par la vie de
bureaucrate
Zone Okupée à Louvain-la-Neuve
Avec effroi, nous étions nombreux
devant nos TV au début septembre pour voir comment les bulldozers
venaient détruire deux des maisons du 111 à
LLN. Nous avons rendu visite aux survivants. Par après, nous avons pu rétablir
le dialogue et provoquer une réunion avec la Commune d’Ottignies, des gens du
111 et l’UCL.
Les treize occupants actuels des lieux ne veulent plus rester où ils sont, car sans maison, c’est impossible. Ils refusent des logements sociaux, car ils veulent un habitat groupé alternatif. Leur cohésion vient de leur manière de vivre, mais surtout le fait qu’ils soient tous impliqués de près ou de loin dans des activités culturelles : cirque, chants, musique etc.
Leur désir est de pouvoir occuper
un morceau de terrain surnommé Brakech, sur le
site Les Baraques. Ce site a été
squatté il y a plus de 30 ans par des jeunes alternatifs de l’époque.
Aujourd’hui, ils ont évolué et pris de l’âge, nous
espérons qu’ils pourront accueillir ceux du
111.
Entraide Humanitaire
Charleroi : Kekseça ?
Une nouvelle adresse :
50 rue de l’Athénée à Charleroi.
Comme ils le disent dans leur
prospectus, c’est un hébergement temporaire de
jeunes
démunis ou sans domicile ou qui arrivent à la demande d’un juge. C’est bien un
hébergement temporaire qui met en œuvre des activités qui lui donnent l’envie
et la force de devenir plus autonome. Les activités sont diverses :
recyclage de papier et autres produits, travail d’informatique, apprendre à
s’exprimer par interview ou une revue, participation également à des actions
citoyennes.
Denis, homme des bois ou projet de société ?
Incroyable, c’est vrai : la
maison réalisée au cœur de l’Auvergne par notre copain Denis-de-Charleroi fait
rêver. Réalisée avec du matériau trouvé sur place, mais avec une technique
inspirée à la fois de nos ancêtres gaulois et de la manière moderne de ceinturer le haut des murs.
Terre et paille, c’est vieux comme le monde, en faire des parpins,
c’est plus nouveau, mais ceinturer le tout à la hauteur du toit, ça c’est tout
à fait nouveau dans ce type de construction. C’est la preuve qu’on peut se
débrouiller avec le peu qu’on a, à condition d’avoir la volonté et de savoir
qu’on n’est pas tout seul dans ce monde alternatif. Son discours reste le
même :
Pendant des années, avec des gars de la rue, nous avons crié notre
opposition à la société libérale qui exclut les plus faibles. Avec des milliers
de copains européens, nous avons hurlé notre opposition à la construction d’une
Europe qui se fait au détriment des travailleurs, de leurs revenus, de leur
pension, de leur santé et de leur environnement. Je suis très heureux d’avoir
participé à tout cela, mais j’ai trouvé qu’il était temps aussi de commencer à
prouver qu’il y a moyen de vivre autrement, de consommer autrement. C’est
pourquoi je suis parti avec d’autres dans le fin fond de la France pour
commencer cette vie, pour apprendre et en faire profiter mes potes à Charleroi.
Et des projets, il y en a : comme le problème récurrent à Charleroi et dans la
plupart des villes, celui des gens sans domicile qui ne peuvent se séparer de
leur animal de compagnie pour passer la nuit. Et cela, même lors des grands
froids. Pourquoi ne pas se construire un logement alternatif ? Rigolez pas, un jour, cela se fera.
Et je serais
présent pour finaliser notre rêve : construire avec les potes de la rue et
autres un rêve qui ne doit pas rester qu'un rêve. Puisque la réquisition des logements est
malmenée puisque des logements vides, il y en a mais qu’il n’y a aucune réelle
volonté politique ou sociale de faire appliquer la loi, nous les plus précaires
et ceux qui disent les défendre nous devons réquisitionner bâtiments et
terrains abandonnés ou qu'ils soient.
Je suis pour une désobéissance civile et civique tant que les précaires seront la proie d'abus politiques et sociaux. Je signe et persiste à dire : n'attendons pas que le social nous rendent encore plus dépendants de lui, mais relevons la tête, nous ne sommes pas responsables de la décadence politique qui gère notre pays et l'Europe.
Nous sommes
victimes d'un capitalisme qui ne voit dans la précarité et les précaires qu'une
source de profit et de richesse.
Depuis
l’époque coloniale, des familles
fortunées ont pillé les pays du Tiers-Monde en
détruisant leur autonomie alimentaire, en les réduisant à l’état d’esclaves
économiques.
Aujourd’hui,
ces mêmes fortunes organisent les aides et opérations de tous genres qui
maintiennent ces pays dans la soumission.
Arrêtons - nous le
précaires - de nous laisser manipuler et résistons à la manière des Chiapas,
des Sans-terre et autres en nous révoltant : tant que
nous sommes encore en mesures de le faire.
Signé : Denis
PROCHAINE REUNION DU FRONT :
mardi 15 novembre à
Bruxelles, 10h30