From: Phil Lemoine
Sent: Thursday, April 14,
2011 10:01 AM
Subject: Demande
d'autorisation ministérielle
Madame,
Je vous écris en tant que Ministre de
la santé pour vous parler de ce débat : cannabis contre Zofran-Litican. En
conclusion de quoi, je vous demande l’autorisation de cultiver à destination de
personnes sous chimio (ou souffrant de maladies graves telles la sclérose en
plaque et la fibromyalgie).
Je viens de vaincre un cancer… (Ce fut
très pénible) ; lors des six premiers mois de chimio, je perçus un petit
capital qui me permit de fonctionner avec le cannabis pour remplacer les
médicaments Zofran et Litican dont l’effet est de prévenir la nausée due à la
chimio. Cela pendant un mois complet. Ensuite, j’ai du en revenir aux
médicaments parce que le cannabis, au tarif des coffee-shop de Maastricht,
c’était absolument insupportable financièrement pour un allocataire social
comme moi. De sorte que j’ai testé les deux et suis donc on ne peut mieux placé
pour donner un avis :
Le cannabis est aussi efficace que les
médicaments mais il offre en plus trois avantages majeurs : Premièrement, il
stimule l’appétit. On sait combien l’alimentation est importante d’une façon
générale… En particulier en cas de maladie grave. La seule période où je ne
connus aucun problème avec l’appétit est celle où j’ai fonctionné avec le
canna. Deuxièmement, il régule le sommeil. Il m’arrivait de devoir me lever
toutes les heures pour aller uriner… (Ce qui est terriblement épuisant car je
n’entrais plus dans le sommeil profond) Une soupe de canna, une heure avant
d’aller dormir, m’assurait au contraire une nuit complète de huit d’heure d’affilée
! Enfin, il joue favorablement sur le moral. L’appétit, le sommeil et le moral
: trois choses absolument essentielles en vue d’une prompte guérison… Cela
étant pour le point de vue médical.
D’un point de vue économique et social,
je ne sais pas combien ces médicaments coûtent à la société… Tout ce que je
sais, c’est que malgré l’usage (c'est-à-dire : en cas de cancer) il faut malgré
tout, faire une demande au médecin conseil de la mutuelle, qui donne son accord
au cas par cas pour le remboursement ! Pour dire que ça ne doit pas être donné
! Remboursement pour des médicaments qui ne sont pas fabriqués par nous autres
de sorte que cela coûte cher et ne rapporte rien. Le cannabis au contraire ne
coûte rien et nous-autres demandeurs d’emploi savons le faire. Et savons le
faire sans qu’aucune modification à la loi ne soit nécessaire.
En effet, voici la loi dont il est
question :
La loi du 24 février 1921 : « Sont considérées comme infractions, notamment:
1. La fabrication, la détention, la
vente, l’offre en vente, la délivrance ou l’acquisition à titre onéreux ou à
titre gratuit de ces substances, sans autorisation du Ministère compétent.
Ces dispositions ne s’appliquent pas à l’acquisition et à la détention de
telles substances en vertu d’une prescription médicale (A.R. du 31 décembre
1930, art. 2).
C'est-à-dire que de mon point de vue :
j’ai le droit de cultiver si vous m’y autorisez en tant que Ministre compétent…
avec cette condition que je sers exclusivement des patients sous prescription
médicale (essentiellement d’ailleurs délivrées par des oncologues attendu que
leurs confrères Britanniques et certains Américains fonctionnent déjà sur ce
mode…) Par ailleurs, partout où j’ai été soigné à la Citadelle : Salle 26,
Salle 29 et même Salle 37 en pneumologie pourtant ! Partout, on m’a laissé
vaporiser le cannabis… Et tous les jours, j’avais des visites du corps médical
qui venait voir la machine (le vaporisateur) et de s’intéresser positivement à
cette nouvelle façon de traiter le problème.
Il va sans dire que dans le cas très
heureux où vous acceptez de me délivrer cette autorisation, je vous soumettrai
des explications détaillées quant au fonctionnement de mon entreprise et des
systèmes de contrôle auxquels j’ai pensé de manière à ce que tout le monde
puisse bien vérifier que le cannabis sera bien exclusivement délivré aux
personnes gravement malades.
Dans l’espoir d’une réponse positive,
je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes salutations distinguées.
Philippe Lemoine
Rue Dothée, 20
4020 Liège